Handicap: droits et devoirs au regard du Judaïsme

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Depuis 1992 est célébrée le 3 décembre la journée du handicap.  

Cette journée, à l’initiative de l’organisation des Nations Unis, consiste à poser les questions liées au handicap ainsi qu’à mobiliser tous les soutiens et projets qui peuvent contribuer à la dignité, au droit et au bien-être des personnes en situation de handicap. 

Dans la tradition juive, Il y est juste noté que « ton frère vivra avec toi » sans distinction aucune. Il n’y a pas de différence entre les hommes créés tous à l’image de Dieu. Ils ont tous droit au respect quelle que soit leur condition physique, mentale ou sociale.  

Dans le lévitique, il est spécifié qu’un cohen, même porteur d’un handicap, ne perd aucunement son statut de prêtre. Il pourra toujours exercer au service du Temple. On lui permettra seulement d’accomplir des tâches selon ses possibilités ou capacités. 

Il a été installé sur le peuple d’Israël des Prophètes. Ces derniers devaient être attentifs au respect des lois de la Torah, et veillaient à ce que le droit et la justice soient observés par les Rois et le peuple.  

Le droit pour chacun et la justice pour tous, quelle que soit sa condition personnelle. Une personne qui était vulnérable du fait de son âge, de sa condition mentale ou physique diminuée, était en droit de percevoir la tsédaka. Ce terme de tsédaka qui veut dire littéralement justice, et qui au fil du temps a été traduit par charité. 

Permettre que la charité soit exercée n’est donc en rien un devoir de pitié, mais un devoir essentiel d’aide et d’assistance à autrui.  

Maïmonide (835-1204) dans son livre Michné Torah a décrit 8 degrés de tsédaka et le dernier consiste à donner la possibilité à l’autre qui est démuni, de pouvoir sortir de son besoin d’assistance ou de subsistance en lui permettant d’avoir un travail qui lui permettrait de vivre en toute dignité.  

De fait, il est dans le quotidien de chaque juif, sans avoir besoin d’une journée spécifique pour le lui rappeler, de se sentir débiteur envers l’autre en lui prodiguant secours et assistance. 

Dans nos sociétés occidentales et en particulier dans notre communauté, nous sommes encore bien loin de l’acceptation de cette forme de justice concernant les personnes en situation de handicap. 

On aurait tendance à penser que donner la charité sous forme d’argent serait suffisant pour subvenir à un besoin de nourriture. Or les personnes en situation de handicap ne sont pas forcément pauvres mais ont besoin de l’autre pour l’aider à mettre en place des projets spécifiques et adaptés à leur condition. 

Ces projets peuvent comprendre des établissements d’accueil pour les enfants et les adultes. Des formations de toutes types poussant à plus d’autonomie et d’insertion sociale ou professionnelle.  

Si la journée du handicap nous rappelle nos obligations de penser aux besoins des personnes handicapées, nous devons dans notre quotidien penser à permettre à autrui le droit de vivre en liberté et en toute dignité, en nous adaptant aux besoins spécifiques des personnes en situation de handicap. 

Aujourd’hui plus qu’hier, nous devons nous assurer que les aspirations et les droits des personnes en situation de handicap seront pris en compte et dûment respectés dans un monde bouleversé. Nous devrons garantir que ce droit de justice sera plus accessible, inclusif et pérenne. 

Carole Journo Sicsic

Carole Sicsic Journo, Vice-présidente de LéHaïm Handicap

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