
Par Carole Journo Sicsic
Le divorce touche toutes catégories sociales ou religieuses confondues.
Quand on interroge des couples ayant divorcé, très souvent, ils disent qu’ils étaient trop jeunes. Qu’ils n’étaient pas assez préparés aux difficultés du mariage. Qu’ils ne s’imaginaient pas avoir autant de responsabilités à affronter. Certains rapportent même que l’autre était un pervers narcissique. Or, si l’amour de l’autre passe par d’abord par l’amour de soi, n’y a-t-il pas danger à penser que nous serions un être exceptionnel, parfait en tous points, et que les problèmes rencontrés viennent uniquement de l’autre ? Ferions-nous passer ce qui nous semble dû en oubliant ce que l’on doit ?
Que se passe-t-il pour qu’un couple décidant par amour de s’unir sous un dais nuptial, se retrouve à se combattre verbalement ou physiquement au bout de quelques années de mariage. Alors qu’ils étaient juste fiancés, ils communiquaient jusqu’à plus d’heure et attendaient impatiemment le moment de leurs retrouvailles. Certains ont même suivi des cours de Torah. Le couple a dû même suivre les cours de préparation au mariage.
On aspire tous à recevoir de l’amour, du respect, de la notoriété, une bonne santé et toutes sortes de bénédictions. On prie, on demande encore et encore… et souvent rien ne se passe comme souhaité. Serions-nous des êtres punis ou malchanceux ? Serions-nous si aveugles pour faire passer l’amour avant de s’assurer d’un minimum de possible sociabilisation chez l’autre ? Etions-nous à ce point si coupés du monde qui nous entoure pour ne pas s’apercevoir que l’autre souffrait de névroses ou de dépressions bien avant le mariage ?
Exceptées certaines situations particulières, chaque membre d’un couple a eu au cours de sa propre vie, l’occasion de communiquer. Que ce soit à l’école, au sein de la famille, sur son lieu de travail et avec des personnes ayant des éducations et des idées différentes. La société veut qu’on apprenne à échanger avec l’autre qui est semblable ou différent de moi.
Qu’est ce qui fait que l’amour pour l’autre s’éclipse au profit de l’amour pour soi ? Qu’est ce qui fait que des êtres ayant reçu un minimum d’éducation omet que le mal que l’on cause à l’autre est un mal que l’on se fait à soi.
Une relation quelle qu’elle soit ne peut vivre et perdurer dans le temps qu’en passant par l’échange. Cet échange peut être aussi une confrontation d’idées, de positions ou décisions.
Si on s’attend à recevoir de l’autre, on ne doit pas occulter le fait que l’on doit aussi donner à l’autre.
Les animaux communiquent et échangent entre eux. En cas de désaccord, l’issue peut se terminer par le bannissement de l’autre ou sa destruction totale. Pourtant ils entendent les complaintes de l’autre mais cela ne les arrête pas dans leur désir de supériorité.
Les êtres humains ont en plus la parole pour échanger. Néanmoins, pouvoir parler et entendre n’est pas communiquer. Il faut s’adapter à l’autre pour s’écouter et se comprendre. Echanger pour mener les actions communes nécessaires à la réussite du projet commun qu’est la fondation d’un foyer. L’amour à lui seul ne suffit pas pour une bonne entente.
Ils doivent écouter et aussi parler avec et non seulement à l’autre. Les deux conjoints pourraient user d’amour, de respect, d’humilité, de bienveillance, d’humour même. Et les échanges pourront être des plus harmonieux possible.
Le mariage est un engagement à aimer son conjoint, à le chérir et le soutenir en tout temps. Qu’ils soient bienheureux ou difficiles. Un conjoint n’est pas un ennemi. C’est un ami partenaire avec qui avancer ou ralentir quand il le faut. Ce partenaire avec qui on apprend à Discuter et non à se Disputer.
Ce conjoint, nous l’avons choisi. Par amour certes, mais aussi car il répondait certainement à un besoin de complémentarité avec ma personne. Cette complémentarité essentielle pour mon épanouissement personnel. Il peut être plus difficile de réussir son couple quand chaque conjoint n’est pas épanoui personnellement.
Pourquoi pas un Grenelle sur le mariage pour ne plus avoir à parler de divorces et de ses conséquences. Et si on échangeait sur des mots tels que amour, courage, patience, persévérance, amitié, partenariat, collaboration, épanouissement, liberté…devenir adulte enfin.